Jaune (…juste avant de revenir)

C’est en devenant médic de rue que j’ai choisi de m’investir dans le mouvement des gilets jaunes (…en France on dit street medic – prononcé strite maidik).  En fait, l’idée n’est pas arrivée sur le terrain , mais bien avant le précédent billet de ce blog et je tenais à ce que cela soit accompli avant d’en toucher un mot ici.

Tandis que les mots me manquent, je reconnais que je suis fier de m’être si bien écouté.  Ah, ces mots qui ne sonnent jamais aussi bien une fois sortis de mon crâne que lorsqu’ils étaient dedans.  Tiens, je suis en train de me demander s’il ne me faut pas plus de courage pour tenir la plume que pour ramasser les morceaux lors d’une manifestation.

De manif en manif, d’événement en événement, d’AG en AG et de rencontre en rencontre aussi, je suis allé au quatre coins de Paris, des plus riches aux plus pauvres…

Au moment où j’écris ces lignes, l’Acte XVI n’a pas encore eu lieu, mais mon périple tire à sa fin.  Si le gilet jaune était mon cadeau d’anniversaire et ce, dans l’idée et avec la volonté d’être, à mon très petit niveau, utile au mouvement, je l’ai fait dans la simplicité et en restant à ma place… c’est passé vite, trop vite.  Aujourd’hui, c’est donc mon anniversaire et j’ai tenu parole : je me suis offert un gilet jaune ; l’humanité est toujours jeune et les Français pas à pas, mais sincèrement réapprennent à faire corps… comme moi.

 

Jaune (…avant de partir)

J’ai, au début du mois, pris la décision de mettre ma production en hiatus, au moins jusqu’à début Avril… ma pratique artistique me coûte vraiment (mais vraiment) beaucoup plus qu’elle ne me rapporte et c’est épuisant.

À la place de quoi je poursuis dans une veine dans laquelle je me suis déjà glissé par la force des choses ces bientôt cinq dernières années : lâcher prise afin de toujours mieux m’ouvrir à la vie elle-même ;  chaque fois que j’ai consciemment ou non procédé de la sorte, c’est là que les choses les plus adaptées à mon être sont arrivées… alors j’écoute mon cœur (et mes tripes itou).

Mon cœur, l’an passé, pour mon anniversaire, il m’a dit de m’offrir de dire « oui à tout et à tous » durant 28 jours, mais que cette année ce sera un gilet jaune.  Mon cœur, il m’a dit d’aller les rejoindre.  Je décolle Dimanche prochain, pendant un mois j’en serai (à Paris) et, à vrai dire, ce qui me fait peur, c’est de manquer de courage.